Je n’ais pas eu beaucoup le temps de m’allonger sur le sujet jusqu'à maintenant, mais je suis ici pour faire de l’astronomie. Mais comme vous avez pu le découvrir, ici on vient avec un métier et il arrive souvent que ça dévie un peu, j’oserais même dire dérive un peu…. Après les joies de la chargeuse et de la dameuse en campagne d’été, l’atelier construction d’abris de la semaine passée aujourd’hui une nouvelle étape est franchie !!!! Soit une expérience passionnante nommée ASTEP-Sud dont le but est l’étude de phénomènes transitoires sur un groupe d’étoiles pour en découvrir d’éventuels corps (on peut dire exo-planètes je pense) gravitant autour. Soit une caméra de compétition avec pour les connaisseurs un capteur 4096x4096 pixels, son surnom « Dream Machine »… ce truc coute le prix d’une belle voiture. Soit une boite pour abriter la caméra et son optique. Notre problème du jour, suite à un réglage que nous avons du réaliser sur l’optique, nous avons démonté l’ensemble, jusque-là c’est pas bien compliqué. Sauf que forcement, mes colocataires ont trouvé là pour la première fois le moyen de se prendre pour des étoiles et ont passés pas mal de temps à faire coucou à la caméra… Les vilains !!! Une fois la lunette réglée, l’idée est de remonter l’ensemble dans sa belle boite ou elle va passer l’hiver. Sur le principe, rien de bien méchant.

La fameuse lunette en cour de réglage.

Sauf que, par –75° ça ne se passe pas comme ça, les câbles ont littéralement explosé lorsque nous les avons effleurés. Voici donc le casse-tête de cette fabuleuse journée, comment arriver à réparer tout ça. Dans la boite il fait 10° ça c’est bien, quand on ouvre la porte de la boite il fait –70° en 10 secondes. Nous sommes rapides, mais quand même… en dessous de –60° c’est comme si certains matériaux changeaient d’état, un câble USB devient fragile comme du Crystal. (Au passage, le connecteur USB de la belle caméra a lui aussi cassé)… . Pantois devant notre premier essai de remontage, et dubitatifs quant à la suite des évènements, une nuit de sommeil a fini par nous apporter la solution. "Saint Ger" nous est apparu (ou plutôt Singer pour les intimes) que toute bonne ménagère a dans son armoire, L’idée : coudre des couettes pour se faire une tente isolante faite de résidu de volatil à plumes qui comme chacun sait est un rempart efficace contre le froid. Venez à Concordia qu’il disaient, vous pourrez vous confronter à la haute technologie… Mon œil oui !!!! Comme je l'ai déjà dit, ici on vient avec un métier et on en fait souvent un autre, et des choses dans ma vie j’en ai fait un peu, mais ça jamais, et croyez moi face à une machine à coudre, épaulé par une notice traduite avec les pieds (et je reste poli) si l’on a pas fait un CAP « tarte aux pommes » et bien une fois de plus on se sent con… (Con, mais pas seul par ce que j’étais avec Zazoo, et nous étions deux dans le même état).

Déjà on découvre qu’il faut deux bobines pour faire marcher le bouzin !!!! une bobine supérieure, celle-ci on s’en doutait à l’image de toute bonne institution religieuse, chez "Saint Ger" ça se comprend, et une bobine inférieure dont je n'avais jamais entendu parler. Ensuite, quand on voit le chemin tortueux que fait ce pauvre bout de fil avant de venir se perdre dans le trou d’une aiguille (capable de vous traverser le doigt de part en part, oui oui forcement ,j’ai pas pu m’empêcher de foutre l’index ou il ne fallait pas et j’ai gouté au supplice, ça pique !!!), on se pose des questions sur l’état de santé de celui qui a breveté ça… On a pas idée de faire des engins pareil, c’est dangereux comme truc !!! Après environ 1h, (bon ok à deux ça fait 2h …) le premier point est lancé et au bout de 10 secondes le fils cassé… misère il faut tout recommencer …

le temps de comprendre qu’il faut synchroniser l’avancée du tissu (2m de long la future couture quand même) et le nombre de coups/minute de l’engin de mort qui prendrait aisément le nom de "12,7 des ménagère" et l’ouvrage commence à prendre forme. Jusqu'à la panne de fil sur la bobine inférieure (ouais pour la scène, imaginez, tout debout sur la pédale, plus une cartouche en magasin et le temps que l’info arrive au cerveau au moins 1000 coups se sont passés. Une situation similaire à celle que l’on peut voir dans le film Waterworld ou l’un des « smokers » béat, mitraille dans le vide un bon moment….) Bref, un enroulage de bobine (à la main) plus tard (oui bha il fallait le savoir que "Saint Ger" par une opération divine pouvait faire le rechargement de bobine par transfusion de fil de la mère supérieure à la bobine novice …) et c’est reparti comme en quarante!!!! Tatatatatatattatatatatat…. Arrivé au bout de mes 2m de couette, (pas sans fierté je dois dire) c’est au tour de Zazoo de s’essayer à ce sport tout aussi nouveau pour elle. Mais comme Zazoo est une fille, l’esthétique importe plus que le pratique donc changement de point !!! (mais non, ok toutes les filles ne préfèrent pas la 2cv rose à la Porsch kaki, j’abuse la ;) ) Bref, c’est donc parti pour séance de mitraille en zigue et en zague plus ou moins espacés le temps que notre couturière d’un jour trouve la cadence.

2m de couture et la découverte de la fonction « transfert de compétences supérieure > inférieure » plus loin, nous disposons d’une couette de 4m sur 2m, le genre de truc qui donne envie de pioncer (bon il parait que je me suis même assoupi durant la tirade de Zazoo, mais je ne m’en souviens pas moi).

Une chose de plus à ajouter à mon CV, et tout ça pour la science !!! A bientôt pour le récit de l’après midi sous la couette…

Erick

CONCORDIA - 2008/05/19 21:59 Temp=-54.5°C WindChill=-69°C RH=41% P=641.8hPa Wind=3.0m/s SSE