Hivernage Station Concordia DC4 2008

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vendredi 22 février 2008

lundi des kiwis, mardi des kiwi

mercredi des tomates aussi...

Comme vous le savez (ou pas..) le fruit végétal qui pousse issue de la terre ne pousse pas en Antarctique, non seulement les conditions ne sont pas vraiment adaptées, mais surtout c'est interdit (enfin, l'importation et la culture en terre de tout ce qui pousse est interdit par les traités de l'antarctique et de Madrid)., la culture hydroponique est en test dans certaines bases côtières.

Comme vous le savez aussi en dehors de ma personne, l'être humain est plutôt du genre omnivore et savoure à grandes dents le végétal, fruit ou légume frais.

Donc inévitablement quand on se retrouve coincé durant 1 an à 4000 kms du premier truc qui pousse, l'homo sapiens Antarcticus de base fut bien dépourvu quand la fin du stock fut venue ou bien quand la pourriture fut rendu... (ce qui arrive en moyenne 2 semaines après l'arrivée du dernier RAID...

En effet après 3 semaines de voyage le « frais » comme on dit ici, n'est pas fort vaillant. À la grande déconvenue de Giorgio le chef et des camarades de galère...

Deux solutions, s'empiffrer (pour les autres !!!, moi jamais) de salades, et autres tomates durant une semaine matin midi et soir, ou bien ruser !!!

La décision fut prise à l'unanimité par Giorgio, nous aurons des fruits tout l'hiver !!! (malheurrrrrrrrrre !!!!!!!!!!'$*$[\\^\^\^\^@@^ »#{[||[{[|\|\|`_==+)

Vers 17h et ce, durant une semaine la douce voix pas du tout incitante de Giorgio retenti dans les haut-parleurs de la station avec le même message d'un bel accent italien « Il faut de l'aide en couisine, venez m'aider, aller aller on ne vas jeter les frouits!!! »

Et là pour le bonheur de notre chef bien aimé (grand chef !!!)... nous voici (sur la photo Daniele et moi ) à éplucher et trier des kiwis et autres vilénies pour les rendre aptes à la congélation !!!

Me faire éplucher des kiwis à moi... pour une fois que j'avais trouvé un endroit où l'on ne risque pas de croiser un végétal dans le frigo !!!!

(bon les kiwis passent encore, mais les tomates, ça jamais !!!)

Enfin, un très bon moment collégial passé avec les copains les mains dans les kiwis....

A bientôt

Erick

mardi 19 février 2008

Eclipse du 7 Fevrier en Antarctique

Le 7 février a eu lieu en Antarctique sur le site de Dôme C une éclipse partielle de Soleil. Bien que n’étant pas dans la Zone de centralité pour observer une annulaire, l’occasion de partager avec les autres Hivernants un tel événement astronomique était rêvée.

La veille au soir après une semaine de ciel coronal ininterrompue le vent s’est levé et le ciel s’est bouché, ici on appel cela « white out » quand il y à de la neige en suspension dans l’air et que l’on ne distingue plus le sol du ciel.




Après s’être levé 3 fois dans la nuit pour regarder l’évolution, vers 7h du matin le ciel semble de nouveau exploitable !!!

Le temps de préparer le matériel, de démarrer un skidoo, et d’apporter le tout sur place. Il est 9h, le premier contact est dans une heure !!!




Le vent est toujours aussi présent, les conditions sont les pires depuis notre arrivée, -53° avec un windchill à – 64° !!!!

Mettre en place une manip en extérieur dans ces conditions est un vrai bonheur, les premiers instants du phénomène ont été observés en visuel étant de toute façon en retard pour faire autre chose…

Quelque chose qui prend 20mins en France sous le beau ciel du Restefond (pour les connaisseurs) prend ici 1 heure, décongélation de l’opérateur comprise !!!




Malgré le vent les images dans la lunette sont fines et piquées, la monture ne vibre pas d’un mm. il est temps de mettre un bon vieux Canon (40D pour les intimes) pour voir comment il se comporte dans ces conditions. La mise au point est délicate par ces conditions, mais on y arrive juste au moment de la centralité (si l’on peut dire cela, car ici l’éclipse n’est que partielle).

Les premières images sont prisent et Zalpha a ainsi pu réaliser sa première image d’éclipse !!!

Nos amis hivernants se succèdent pour regarder à travers le viseur et aussi pour faire clic clac !!!.

Nous aurions pu essayer de faire une belle série d’images, mais nous avons pris le parti de laisser a dispo la lunette pour que tout le monde puisse regarder ou même poser son boitier (un Nikon D 200 a aussi été utilisé).

La fin du phénomène approche vers 12h15, c’est à ce moment que le 40D à rendu l’âme (bon juste les batteries hein, pas de stress). Il aura passé plus d’une heure dehors par cette température sans protection particulière, l’écran LCD étant un peu long à répondre, mais fonctionnel jusqu’au bout !!!

Pour ne pas louper le dernier contact, le D200 l’a relayé à temps !!!




Le moment de démonter pour ranger est arrivé, après 3h passé dehors nous chargeons le skidoo pour rentrer et là, c’est le drame… la poignée de marche arrière me reste dans la main, cassée nette comme dans les films comiques…, c’est Seb le mécano qui va être content l’idée nous vient de poser le morceau d’acier gisant dans sont assiette pour midi, mais finalement nous ne serons pas si cruels…

Donc après le repas avec Seb nous prenons la dameuse (le KASS pour les intimes) afin de remorquer le pauvre skidoo…

à bientôt

Erick

P.S.

Pour ceux qui lisent jusqu'au bout, et qui voudraient mon mail : erick.bondouxescargotconcordiabase.eu et mettre en copie periscope2004escargothotmail.fr par contre pas d'images svp ou alors sur demande ;)

mercredi 13 février 2008

Un dimanche après midi

Quand on s'ennuie a Concordia, ha non on peut pas commencer comme ça, je reprends !!! Donc, quand un a envie de se détendre un peu a Concordia (c'est mieux), on peut faire pleins de choses, aller se balader, bricoler, jouer au baby, au billard, mais aussi, parfois se retrouver embarqué dans une partie de pétanque mémorable par -35°. Eh oui à Dôme C il y a un terrain de boule (bon niveau régularité c'est quand même pas Verdun, mais pas loin) tranchée de chargeuse, marque de dameuse, bref ici, comme dirait Hubert "faut jouer avec le terrain !!!" Nous voilà donc partis pour passer un bon moment sous un soleil de plomb (oui bon ok j'exagère un peu... mais si si il faisait soleil), manquait plus que le pastis diront certains.

Je ne sais plus qui a perdu, mais une chose est sure, tout le monde à gagné un bon moment et surtout le droit d'aller se réchauffer dans le workshop en rentrant.

à bientôt

Erick

samedi 09 février 2008

L’avion

L'avion est susceptible d’arriver à 9h30, je répète l’avion est susceptible d’arriver à 9h30 » comme une voix qui te sors du lit un lendemain de fête, c’est un peu ce qui m’est arrivé ce dernier jeudi vers 8h du matin.

Réveillé en sursaut, entre rêve et réalité, mais en tout cas avec un gros défaut de sommeil, le temps de réaliser que la radio parle de « l’avion », pas un avion, mais le dernier, celui qui doit emmener nos derniers camarades et nous laisser seul durant 9 mois…

Le temps de comprendre que ça n’était pas un rêve, d’activer le neurone, la grosse frayeur est là…

  • Mais il ne devait arriver que ce soir pour ne partir que vendredi matin

l’avion !!!*

Je commence a connaître assez bien les coutumes du pays pour savoir que si il arrive à 9h30 Bob ne va surement pas rester 24 heures juste pour le plaisir d’être à la meilleure table de toute l’antarctique et de pioncer à plus de 3000m…. De toute façon, la piscine est fermée donc pas vraiment de raison de s’attarder ici (bon pour la piscine ça peut se faire entre un atterrissage et un décollage juste après le café et avant le passage à l’incinolet (en gros durant les 30min de pauses), c’est pas moi qui le dit, il paraît même que certain on furtivement aperçu ce fait divers la semaine passée…

Après de passage en revu de la situation (critique je dois bien l’avouer) je saute dans mes Charentaises (« Concordiaproof » les Charentaises !!!), et je file à la salle radio pour avoir conformation de ma divagation neuronale du matin.

Point de divagation, l’instant est grave c’est bien çà, il me reste 1h30 pour boucler mes cartes postales… Chose prévue initialement pour la journée et la nuit. (je m’excuse au passage pour ceux qui seraient destinataires de ce produit local, vivement bâclé afin que chacun puisse avoir un petit mot venu du bout du monde. Pas de littérature ou de grandes proses dans sur ces bouts de cartons imprimés.

En même temps égoïste que je suis, car mon problème à moi ne se résume qu’à une grosse poignée de timbres de lécher langoureusement et quelques tendinites aux poignets pour avoir redécouvert les joies de l’écriture et du tamponnage (m’était pas arrivé depuis bien longtemps…)

Mais pour les copains, qui partent avec 24h d’avance s’est un peu plus « tendu »… (Oui oui comme un string si vous voulez, pour reprendre une expression chère à certains lecteurs coutumiers de ce blog).

Eux doivent avoir tout plié pour dans 2h, alors on sent bien que tout s’active à grande vitesse dans la base, ça grouille, les sacs s’entassent dans le couloir, les lessives sont sorties à peine lavée ou sèches du séchoir, bref la base ressemble à une chambrée de bleus avant une visite du colon de service !!!

J’ai du mal à me coller dans le crâne que dans deux heures tout sera très calme, peux être même trop…

Pauvre Giorgio qui avait prévu un repas de fête pour le dernier soir avec nos amis estivants…

Une fois les cartes bouclées (en 1h, record battu) la radio nous annonce finalement 2h de retard, l’avion sera pour 11h30 environ… et moi qui viens de bâcler mes cartes…

Pas grave, c’est… l’Antarctique… (Certaines choses ne changeront pas…).

La radio annonce l’avion, les appareils photos et les caméscopes sont prêt, les mouchoirs aussi. Derniers efforts, un chargement de vivres et le respirateur médical arrivent avec lui. Et Lucia aussi notre collègue astronome partie pour Terra Nova Baie il y a dix jour afin de fabriquer de l’hélium pour Cochise son petit « jouet » (un radio télescope de presque 2m de diamètre). Les capteurs de Cochise vont être ravis de revoir Lucia et se délectent à l’avance de son précieux chargement

Nous sortons pour accueillir l’avion, dernier atterrissage avant bien longtemps, toujours parfait comme à l’habitude (il paraît que Bob dormait, de toute façon vu le peu de visibilité ça n’aurait pas changé grande chose…).

La chargeuse (gros n’engin jaune, très lent et un peu moche, très souvent piloté, par Claire le Calvez, indispensable pour recharger le fondoir à eau en glace) et le merlo (gros n’engin vert à capacité tuning avec un grand bras très sympa à conduire (si si je l’ai essayé c’est vrai et j’ai même pas emboutis la station lors du rangement au garage) s’activent autour de l’avion pour décharger, nous rentrons pour recevoir les vivres aux magasins.

Bob et son collègue font leur pause, pendant que l’on profite des derniers instants avec nos amis. Au passage, j’ai même réussi à faire un petit colis pour la France avec une surprise pour qui l’aura

Dans le sans d’entrée les blagues vont bon train et Claire nous fait éclater de rire lors du rangement de son « pot » (Only Concordia accustomed joke)

Tout le monde se dirige vers l’avion, Bob a déjà mis le moteur droit en route, on traine un peu, on déconne, on s’embrasse. Ça n’est pas un décollage comme les autres Claire a même revêtu une tenue bleue !!! derniers bagages chargés, Bob bat le dernier rappel l’avion se rempli même si on a du mal à les laisser partir, on a pas vraiment le choix de toute façon ils ne veulent pas rester !!! ;)

L’escalier est retiré, la porte de l’avion fermée, derrière les visages et les signes d’au revoir sont visible. Les hivernants se tiennent en ligne non loin, les photos et les caméscopes sont fin prêts pour capter l’envol de l’oiseau rouge et le très certain passage bas de Bob pour saluer le début de l’hivernage. Bob met les gaz, un nuage de neige nous envahi.

Le silence radio est troublé par un message d’encouragement et d’au revoir, une voix féminine inattendue, celle de Claire qui à emporté son talki avec elle. Il à déclenché un trop-plein d’émotion fait exploser quelques sanglots qui ne durent que le temps de geler sous les yeux, le temps de reprendre le dessus et de chercher l’avion déjà en bout de piste, quitte le sol et fait un long virage pour passer au ras des tours juste au-dessus de nous.

Voilà, aux environ de 12h le 31 janvier 2007 commence le 4éme hivernage de la Station Concordia. Certainement un des plus longs de la courte histoire de la station.

Pour la première fois, nous nous retrouvons à 13 autour de la table dont la disposition a été revue pour la rendre conviviale. L’ambiance est détendue et joyeuse et le restera tout au long de la journée ce qui présage d’une suite chaleureuse, aujourd’hui étant au dire de certains, un des jours les plus durs de l’hivernage…

Erick

lundi 04 février 2008

1 mois pour une Année

Petit récapitulatif du mois passé sous forme de carte de bonne année tardive, et encore merci pour tous les commentaires et mails, je mets parfois un peu de temps mais en principe pour chaque commentaire il y a un petit mot dans le post correspondant, n'hésitez pas à retourner voir et réclamer si j'ai oublié ;)

à très vite

Erick

1 mois...

Voici un mois que je suis parti de chez moi un vendredi 28 décembre à 7h30 du matin… déjà un mois, 17000 km, 13 jours de transports pour arriver à Dôme C…

Un mois pour passer de la région parisienne, son métro, sa pollution, ses plans sociaux (private joke…), au silence et à la pureté du grand désert blanc… Un mois d’émotions intenses presque indescriptibles. Quitter sa famille, ses amis, prendre un oiseau blanc, croiser un hivernant sortant 10 minutes à Hong Kong, l’Australie, la Tasmanie, l’Astrolabe, des gens extra (icota & CO) les 40 iemes rugissants, 50 iemes hurlants, le cercle polaire, les manchots de Dumont D' Urville, un hélico, puis Bob et son twin otter, on survole le raid au milieu de nulle part et puis deux cylindres perdus au milieu d’un grand désert de glace. Atterrissage, le froid, Karim et son bouquet de fleurs, le labo Astroconcordia, et les « gens de Concordia » tous plus géniaux et sympas les un que les autres…

Plusieurs jours après je regarde encore ces tours comme si elles étaient un rêve que j’ai souvent caressé, mais elles sont bien là. La brise et les morsures du froid sont bien présentes pour me ramener à la réalité.

Après ça... On peut se demander ce que l’on peut faire de mieux, de plus fort, de plus émouvants… je me pose la question au moins une fois par jours et de plus en plus… hier le Raid est arrivé, un convoi de tracteurs Challenger tirant vivres et fioul pour l’hiver. Visible à plus de 3h de distance, Ces bédouin de l’antarctique ont parcouru les 1200km qui nous séparent de DDU en 10 jours pour nous apporter de quoi vivre au milieu du grand blanc, avec comme particularité cette fois un équipage coréen venu étudier ce moyen unique de ravitaillement. A la tête du convoi Patrice Godon, le grand patron de la logistique de l’IPEV créateur du Raid et accessoirement pilote de challenger ou bagagiste hélico. Encore des émotions en les voyant arriver au loin depuis le toit du bâtiment calme…

Le Raid c’est aussi l’annonce de la fin de la campagne d’été, le 31 tous les estivants partent, c’est le début de l’hivernage. 13 Personnes isolées pour 9 mois, ça n’est que le début de l’aventure, que le début des émotions..

Plus de photos de manchots ni de glaciers, plus d’avions, plus de tracteurs, mais juste la vie de 13 personnes et de leur station, leur « maison » jusqu’au premier avion en novembre…